Italia Vera

Rosolio di rose

Région
Sicile.

Histoire et provenance

Le rosolio est l’une des plus anciennes liqueurs artisanales italiennes de toute cette catégorie, avec des traces remontant à la fin de la Renaissance, dans les couvents où les religieuses faisaient macérer des pétales de rose dans l’alcool pour offrir une boisson raffinée à leurs hôtes les plus distingués. Son nom vient directement du latin « ros solis », littéralement « rosée du soleil » — une image poétique évoquant la délicatesse et la préciosité de cette préparation. Le rosolio connut son plus grand rayonnement à l’époque du Royaume des Deux-Siciles, où il devint la liqueur de prédilection des dames de l’aristocratie sicilienne, servie lors des grandes occasions — mariages, fiançailles, fêtes familiales — et offerte en signe de bon augure aux jeunes mariés. Longtemps considéré comme une liqueur désuète, le rosolio connaît aujourd’hui un net regain d’intérêt, porté par le renouveau de la culture liquoriste artisanale italienne, tandis que le terme en est venu à désigner plus largement toute une famille de liqueurs douces obtenues selon le même principe de macération, y compris aux agrumes, aux herbes ou à d’autres fleurs.

Peut-on le préparer soi-même ?

Oui, entièrement, et c’est même l’une des liqueurs les plus simples de toute cette catégorie, à condition de disposer de roses parfumées, non traitées et comestibles, idéalement issues de son propre jardin.

Les ingrédients (pour environ 1 litre)

  • 50 g de pétales de rose parfumés(impérativement issus de roses non traitées et cultivées sans aucun pesticide ni produit chimique, cueillis par une belle journée ensoleillée, idéalement entre fin mai et mi-juin).
  • 500 ml d’alcool alimentaire à 95°.
  • 250 ml d’eau.
  • 200 à 250 g de sucre.

Ingrédient non négociable : n’utiliser que des pétales de rose garantis non traités et comestibles, jamais des roses achetées en fleuriste destinées à la simple décoration. C’est le point de vigilance le plus important pour cette recette : les roses vendues pour la décoration florale sont très fréquemment traitées avec des produits phytosanitaires non alimentaires, qui se retrouveraient directement dans la liqueur puisque ce sont justement les pétales qui sont mis en macération — seules des roses de son propre jardin (non traitées) ou explicitement vendues comme comestibles et biologiques doivent être utilisées.

La préparation, pas à pas

  1. Récoltez les pétales, par une belle journée ensoleillée, sur des roses parfumées et non traitées.

  2. Nettoyez délicatement les pétales

    avec un linge légèrement humide ou du papier absorbant, sans les rincer à grande eau, pour ne pas diluer leur parfum.

  3. Écrasez légèrement les pétales

    dans un mortier (ou au robot) avec une cuillère à soupe de sucre prélevée sur la quantité totale, pour aider à libérer leurs huiles essentielles.

  4. Placez la pâte de pétales dans un récipient hermétique en verre.

  5. Recouvrez d’alcool.

    Versez l’alcool à 95° directement sur les pétales écrasés.

  6. Fermez hermétiquement.

    Laissez macérer dans un endroit frais et sombre pendant 10 jours, en agitant doucement le récipient chaque jour.

  7. Préparez le sirop.

    Dans une casserole, portez l’eau et le reste du sucre à ébullition, en mélangeant jusqu’à dissolution complète.

  8. Laissez refroidir complètement

    le sirop.

  9. Ajoutez le sirop froid

    directement au macérat de pétales encore dans son récipient, mélangez.

  10. Laissez reposer une semaine supplémentaire.

  11. Filtrez

    le mélange à travers une passoire fine doublée d’une gaze, pour retirer entièrement les pétales.

  12. Mettez en bouteille, dans des bouteilles en verre stérilisées, fermées hermétiquement.

  13. Laissez vieillir.

    Conservez à l’abri de la lumière pendant au moins 1 à 2 mois avant de déguster, pour que le parfum floral se développe pleinement.

Le verre

Un petit verre à liqueur (bicchierino), idéalement en cristal fin, dans l’esprit raffiné et un peu suranné de cette liqueur historique.

La température de service

Se sert traditionnellement à une température modérée, autour de 12 à 15°C, ni glacée ni à température ambiante : un léger rafraîchissement met en valeur son bouquet floral sans en atténuer excessivement la délicatesse aromatique.

Les erreurs à éviter

  1. Utiliser des roses de fleuriste traitées, destinées à la décoration. Comme expliqué plus haut, les produits phytosanitaires non alimentaires se retrouveraient directement dans la liqueur.
  2. Rincer les pétales à grande eau. Cela diluerait et emporterait une partie de leur parfum délicat.
  3. Servir le rosolio glacé. Contrairement au limoncello, le froid intense masquerait la subtilité de son bouquet floral.
  4. Précipiter le temps de repos final. Le vieillissement d’au moins 1 à 2 mois reste indispensable pour que le parfum floral se développe pleinement et s’harmonise avec le sucre et l’alcool.
  5. Utiliser des pétales de rose sans parfum. Toutes les variétés de rose n’ont pas la même intensité aromatique ; privilégiez toujours des variétés anciennes ou reconnues pour leur parfum marqué.

Fiche vérifiée et approuvée par le chef — Italia Vera, la vraie cuisine italienne.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

Recette vérifiée et approuvée par le chef — Italia Vera, la vraie cuisine italienne.

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