Italia Vera

Saltimbocca alla romana

Escalopes de veau, jambon cru et sauge, sauce au vin blanc

Région
Latium, Rome
Temps
15 minutes de préparation + 5-6 minutes de cuisson
Difficulté
★★
Pour
4 personnes (plat principal)

Un plat si savoureux et si rapide à déguster que son nom même le proclame : « saltimbocca », littéralement « saute en bouche », suggère un plat que l’on avale presque avec avidité tant il est bon. Ses origines remonteraient à la Renaissance, et le plat était déjà bien présent dans les trattorias romaines du XIXᵉ siècle, avant de devenir l’un des classiques les plus exportés de la cuisine romaine à travers le monde. Sa construction est d’une simplicité et d’une élégance remarquables : une fine escalope de veau, une tranche de prosciutto crudo qui y adhère naturellement à la cuisson, et une feuille de sauge fraîche qui parfume l’ensemble — trois éléments, sans plus, qui suffisent à créer l’un des grands classiques de la cuisine romaine.

Les ingrédients (précis, sans exception)

  • 8 fines escalopes de veau(dans la noix ou le magatello, coupées finement par votre boucher), légèrement aplaties au maillet si nécessaire pour une épaisseur bien régulière.
  • 8 fines tranches de prosciutto crudo(de la même taille approximativement que les escalopes de veau).
  • 8 à 16 feuilles de sauge fraîche(une à deux par saltimbocca), jamais séchée.
  • Farinepour fariner légèrement les saltimbocca.
  • 50 g de beurre.
  • 2 c. à soupe d’huile d’olive extra-vierge(facultative, en complément du beurre pour éviter qu’il ne brûle).
  • 10 cl de vin blanc sec.
  • Poivre noir du moulin(le sel n’est généralement pas nécessaire, le prosciutto étant déjà bien salé).

Ingrédient non négociable : ne jamais retourner le saltimbocca côté prosciutto vers la poêle en premier. La tradition la plus stricte veut que la face garnie de prosciutto et de sauge soit déposée face vers le haut dans la poêle, et cuite d’abord côté viande nue, pour que le prosciutto ne se dessèche ou ne colle pas excessivement — un point technique précis qui garantit la tenue de l’ensemble.

La préparation, pas à pas

  1. Préparer les escalopes.

    Étalez les fines escalopes de veau sur le plan de travail. Si elles sont trop épaisses, aplatissez-les délicatement entre deux feuilles de papier cuisson à l’aide d’un maillet, en veillant à ne pas les déchirer.

  2. Assembler chaque saltimbocca.

    Déposez une tranche de prosciutto crudo sur chaque escalope, de taille similaire ou légèrement plus petite pour ne pas déborder. Posez une (ou deux) feuille de sauge fraîche au centre. Fixez le tout avec un cure-dent en bois, en le piquant à travers les trois épaisseurs pour bien les maintenir ensemble pendant la cuisson.

  3. Fariner légèrement.

    Farinez chaque saltimbocca uniquement du côté de la viande nue (sans farine sur le prosciutto), en secouant l’excédent.

  4. Chauffer la matière grasse.

    Dans une grande poêle, faites fondre le beurre à feu moyen avec l’huile d’olive si vous l’utilisez, jusqu’à ce qu’il commence tout juste à mousser, sans brûler.

  5. Saisir côté viande en premier.

    Déposez les saltimbocca dans la poêle, côté viande nue vers le fond de la poêle, côté prosciutto et sauge vers le haut. Laissez cuire 2 minutes, sans y toucher, pour bien saisir cette première face.

  6. Retourner et cuire brièvement l’autre face.

    Retournez délicatement chaque saltimbocca à l’aide d’une pince, et laissez cuire encore 30 secondes à 1 minute seulement côté prosciutto : cette face demande beaucoup moins de temps, sous peine de dessécher le jambon et de le rendre trop sec et cassant.

  7. Réserver la viande.

    Retirez les saltimbocca de la poêle et réservez-les au chaud, couverts d’une feuille d’aluminium.

  8. Déglacer au vin blanc.

    Versez le vin blanc dans la poêle encore chaude, en grattant le fond avec une cuillère en bois pour décoller tous les sucs de cuisson. Laissez réduire à feu vif 2 à 3 minutes, jusqu’à ce que la sauce commence à napper légèrement.

  9. Réunir et napper.

    Remettez les saltimbocca dans la poêle quelques secondes pour les réchauffer et les enrober de la sauce réduite, en les arrosant délicatement à la cuillère.

  10. Retirer les cure-dents et servir.

    Retirez les cure-dents. Servez immédiatement, nappé de la sauce au vin, avec du pain pour saucer, ou accompagné de légumes de saison comme des épinards sautés au beurre ou des artichauts.

Les erreurs à éviter

  1. Cuire trop longtemps côté prosciutto. Il se dessèche et devient cassant en quelques secondes de trop ; toujours privilégier le côté viande nue pour la cuisson principale.
  2. Utiliser de la sauge séchée. Son arôme n’a rien à voir avec la fraîcheur de la sauge fraîche, essentielle à ce plat.
  3. Trop battre la viande. Une escalope déjà fine n’a pas besoin d’être excessivement aplatie, sous peine de se déchirer facilement.
  4. Cuire les saltimbocca à l’avance et les réchauffer. La viande de veau, coupée si finement, durcit irrémédiablement au réchauffage ; ce plat se prépare et se déguste immédiatement, jamais en avance.
  5. Oublier de retirer les cure-dents avant de servir. Un détail simple mais essentiel pour la sécurité et le confort de dégustation.
  6. Saler la viande. Le prosciutto crudo apporte déjà suffisamment de sel ; un ajout supplémentaire risque de rendre le plat trop salé.

L’astuce du chef

Préparez tous les saltimbocca à l’avance (assemblage complet avec cure-dent), et conservez-les crus au réfrigérateur jusqu’au moment de cuisiner : contrairement au plat fini qui ne se réchauffe pas, la préparation crue se garde très bien une journée, ce qui permet d’anticiper le montage tout en gardant la cuisson pour la toute dernière minute avant de servir. Et l’histoire à raconter à table : le nom de ce plat, si évocateur, résume à lui seul toute l’ambition de la cuisine romaine la plus populaire — offrir, avec un minimum d’ingrédients et un minimum de temps de cuisson, un maximum de plaisir immédiat, un plat pensé pour « sauter en bouche » sans jamais s’attarder sur la table plus longtemps que nécessaire.

Le vin conseillé

Frascati Superiore DOCG (Latium, servi frais à 10-12 °C) : ce blanc sec des Castelli Romani, à la fraîcheur légèrement amère, est l’accord le plus classique et le plus romain qui soit — d’ailleurs souvent le même vin utilisé pour déglacer la sauce, servi ensuite à table pour prolonger l’accord. En alternative, un Vermentino léger, pour un accord tout aussi frais.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

Note du chef — la variante contestée

Le premier point disputé concerne la cuisson en poêle ou au four. La tradition la plus stricte et la plus répandue prépare les saltimbocca exclusivement en poêle, un mode de cuisson rapide qui garantit la formation de la sauce au vin directement dans les sucs de cuisson ; certaines recettes contemporaines, pour plus de simplicité lors de grandes tablées, les préparent au four, une méthode plus pratique mais qui s’écarte de la technique traditionnelle et demande des ajustements pour éviter que la viande ne se dessèche. Deuxième point : avec ou sans farine avant la cuisson ? Nous incluons cette étape, qui aide à former une légère liaison avec la sauce au vin en fin de cuisson ; certaines versions plus anciennes et plus épurées s’en passent, misant uniquement sur les sucs naturels de la viande et du prosciutto. Enfin, quelques trattorias romaines contemporaines proposent des versions enrichies d’une tranche de fromage fondant (scamorza ou fontina) entre la viande et le prosciutto, pour un résultat plus gourmand ; une variante moderne et savoureuse, mais qui s’éloigne de la simplicité radicale des trois ingrédients de la recette traditionnelle.

Recette vérifiée et approuvée par le chef — Italia Vera, la vraie cuisine italienne.

Poser une question au chef